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Le RAO vu par Rolf Widmer, membre initiateur du mécanisme

Ancien Directeur du SSI Suisse  et actuellement Président de la Fondation suisse du Service Social International, Rolf Widmer a travaillé en Afrique de l’Ouest pendant plusieurs années. Grâce à lui et d’autres acteurs, les initiatives qui ont culminé à la création du Réseau Afrique de l’Ouest pour la protection des enfants ont été posées en 2002.

Q : Vous avez été à la naissance du RAO, pourquoi avoir choisi l’Afrique de l’Ouest ?

Rolf : Au SSI nous recevions beaucoup de cas de demande de rapatriement de cette zone d’Afrique et comme nous n’étions pas dans l’optique du rapatriement mais de la réintégration, il a fallu trouver des partenaires d’accueil pour ceux qui devaient être réintégrés. C’est ainsi que cela a commencé avec le PAO entre trois pays : Guinée Bissau, Mali et le Sénégal.

Puis la demande s’est étendue au fur et à mesure à toute la zone et aujourd’hui nous avons le RAO qui couvre les 16 pays de la zone ouest africaine

Q : Quel sentiment vous anime quand aujourd’hui vous regardez le chemin parcouru en 15ans ?

Rolf : Je suis satisfait par la collaboration que ce mécanisme a créée entre les différents acteurs de la chaine de protection des enfants, je suis également satisfait que le mécanisme RAO ait permis aux états et institutions comme la CEDEAO de mettre la question des enfants en mobilité sur leur agenda. Par contre je souhaiterais que tous les partenaires mettent plus l’accent sur la mise en place et le suivi des projets de vie des enfants et jeunes réintégrés ainsi que sur le développement des capacités parentales à travers des AGR.

C’est aussi grâce à ce projet du RAO que le SSI a pu s’implanter en Afrique de l’Ouest avec le SSI-AO, ce qui permet d’augmenter la qualité des services en faveur des enfants et familles dans un contexte transnational

Q : Aujourd’hui beaucoup d’organisations travaillent dans le domaine de la migration, comment pensez-vous que le RAO peut se démarquer des autres pour ne pas être juste une organisation parmi les autres dans le domaine de la migration?

Rolf : Il faudra mettre l’accent sur la plus-value du RAO qui est une approche holistique qui englobe les 8 étapes  du manuel RAO qui s’oriente dans une approche individuelle sur l’intégration sociale et  professionnelle de chaque enfant.  Le projet de vie assure la durabilité des activités en faveur des enfants.  Il faut que les coordinations pays s’assurent plus de la pertinence des projets de vie des enfants et jeunes réintégrés ainsi que le soutien aux parents.  Chaque région doit mettre en place des procédures de suivi avec le soutien de la société civile. La plus-value du SSI-AO est dans la coordination et formation des acteurs des chaines d’intervention dans chaque pays de la CEDEAO ainsi qu’une bonne coopération de la société civile et la valorisation du rôle importante des Peer group qui sont en grand partie membre  du MAEJT.

Q : Quelles sont vos attentes aujourd’hui vis-à-vis des différents collaborateurs au mécanisme RAO ?

Rolf : Que les partenaires soient plus proches des enfants et mettent leurs intérêts au centre de leurs actions. Qu’il y ait plus de projets de réintégration avec un bon suivi

Que les différents partenaires surtout les décideurs ne se contentent pas de bonnes paroles et résolutions mais qu’ils posent plus d’actes concrets pour la protection des enfants en mobilité

Egalement que soient développés des projets de renforcement de capacités des parents

Q : Quel est votre meilleur souvenir, ou moment avec le RAO ?

L’engagement humain et professionnel au sein du RAO. La compréhension commune de l’intérêt supérieur des enfants,  l’énergie et l’espoir des enfants et jeunes pour créer un futur en sécurité et des perspectives avec le soutien du SSI-AO.

 

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